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Exposition spéciale
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Le portrait dans l’actualité et Cyberspace
Du 30 mai au 12 septembre 1999, la Fondation Beyeler à Riehen/Bâle, présente dans son exposition spéciale intitulée « Face to Face to Cyberspace » des vues frontales de personnages, notamment de visages.

Au niveau inférieur de la Fondation, l’exposition expose le visage dans l’art actuel et transmet une perspective d’avenir par une installation Cyberspace. Le premier élément qui frappe dans les oeuvres présentées est la frontalisation. Le visage est placé frontalement sur le plan de l’image et établit « Face to Face » un contact avec l’observateur. Simultanément, le visage reçoit un aspect monumental qui remplit toute l’image, ce qui conduit à des représentation de têtes d’une dimension encore inconnue jusqu’à ce jour.

Ce n’est dès lors plus l’individu portraituré qui est placé au centre de l’observation, mais la reproduction de l’image ou la construction technique de visages. Ainsi l’américain Chuck Close divise ses tableaux en petits carrés de 6x6 cm qui sont picturalement remplis en fonction des degrés de luminosité de modèles photographiques. Vu de plus près, le portrait se décompose en une surface tachetée qu’à distance l’observateur perçoit alors comme un paysage-visage issu du modèle, qui à plus grande distance apparaît comme le portrait d’une personne concrète. Dans les gigantesques portraits photoréalistes de Franz Gertsch, en revanche, le moindre pore devient cratère, l’oeil devenant une véritable mer. Le visage devient un paysage et en même temps une façade qui oblige à reculer. On verra également le dernier autoportrait d’Andy Warhol qui nous fixe de ses 2,7 mètres de haut, d’un regard en même temps distant et incisif.
Rosemarie Trockel est également représentée dans cette exposition de la Fondation Beyeler avec son oeuvre « Beauty » qui a, en 1995 déjà, accroché les regards des passants de la vieille ville de Vienne sur ces 3000 panneaux d’affichage. Ce panneau est composés d’une galerie de visages qui ne présentent qu’apparemment des traits d’individualité grâce à leurs mimiques et leurs coiffures. Ces visages ont non seulement été numériquement retravaillés, mais reconstruits en deux moitiés identiques. Or, justement cette progression vers la beauté parfaite conduit aussi à l’abandon de la recherche du caractère individuel, lequel se manifeste justement dans l’asymétrie de la physionomie et non dans la perfection de la représentation. La partie contemporaine de l’exposition présente aussi des oeuvres et des ouvrages médiatiques de Christian Boltanski, Peter Kogler et Granular~Synthesis.

De tout temps, le visage humain a constitué l’un des principaux éléments permettant de tracer les limites entre la surface et la profondeur, entre l’expression et l’âme. Au 20e siècle, la représentation du visage se détache d’abord de la fonction de ressemblance avec le visage représenté : avec le développement technologique progressif, elle s’affadit en un simple support d’utilisation, une interface médiatrice entre l’homme et la machine. Dans la représentation du visage, la Virtual Reality franchit un pas supplémentaire en la reliant à la machine, de sorte que le visage se meut comme dans un espace vraiment réel au sein d’un univers entièrement produit virtuellement par l’ordinateur.

C’est ainsi que la fin de l’exposition ouvre une perpective sur le monde artificiel de la Virtual Reality par son installation informatique interactive « Virtual Head » de echtzeit GmbH. Le visiteur peut y reconstituer son propre visage dans le cyberspace et faire apparaître son sosie sur l’écran holographique. Par l’entremise d’un double simulé en hologramme, le visiteur peut communiquer avec la représentation numérisée d’un autre visiteur. L’installation « Virtual Head » donne une idée nouvelle du téléphone visuel de demain ; elle est présentée pour la première fois en Suisse par la Fondation Beyeler et constitue actuellement le stade le plus avancé de l’évolution des technologies cyberspace.

Les projets de echtzeit GmbH représentent les possibilités créatives des nouvelles technologies de la communication et de Virtual Reality, mais ne sont pas compris comme un art. « Virtual Head » est un montage expérimental que les visiteurs et groupes intéressés utilisent et peuvent remplir d’un contenu. Pour cette raison, il ne s’agit-là pas d’une oeuvre d’art, mais d’un « laboratoire ouvert ». En intégrant cette installation cyberspace multimédiale dans son exposition, la Fondation Beyeler a intentionnellement ouvert ce dialogue entre la technique et l’art. Elle ouvre ainsi au visiteur la perspective de l’univers du 21e siècle et de Virtual Reality, un phénomène qui va gagner en importance dans le futur, non seulement pour l’art, mais aussi pour toute l’humanité et sa communication. La Fondation est ainsi fidèle à sa philosophie selon laquelle il faut « chaque fois que cela est possible, associer l’art avec la vie et ses problèmes existentiels et essentiels » (Ernst Beyeler).
Dans le cadre de cette exposition, les manifestations spéciales suivantes sont prévues :
· Une série de conférences en août/septembre projetée avec notamment la « nuit de lune » de Stanislas Lem, une lecture avec des comédiens du Théâtre de Bâle (17 août, 18h30).
Pour les autres dates, consulter la presse quotidiennne.
· L’installation informatisée interactive « Virtual Head » est mise à la disposition de groupes intéressés comme « laboratoire ouvert ».
· Des visites guidées du « Virtual Head » notamment, mais aussi de la Fondation comme tout peuvent être commandées au N° de tél. +41 (0)61 645 97 20.


Exposition spéciale : Face to Face to Cyberspace
30 mai — 12 septembre 1999
Informations complémentaires sur notre site : http://www. beyeler.com


Contact : Dominique Mollet, Susan Gloor
Tél. +41 61 645 97 17
Fax +41 61 645 97 19 Riehen, 28 mai 1999