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| La Collection |
| La
Collection de Hildy et Ernst Beyeler rassemble environ 200 œuvres de 40 artistes
et offre un aperçu extrêmement diversifié de l’art moderne.
Elle débute par l’impressionnisme tardif et le post-impressionnisme
avec des œuvres de Paul Cézanne, Vincent van Gogh et Claude Monet
pour arriver au cubisme, avec Pablo Picasso et Georges Braque, et à d’autres
grands courants de l’art moderne incarnés par Joan Miró, Piet
Mondrian, Wassily Kandinsky, Henri Matisse, Pablo Picasso et Paul Klee. Après
avoir fait place à l’expressionnisme américain de Mark Rothko
et Barnett Newman, la collection s’achève sur les œuvres de
Georg Baselitz, Anselm Kiefer et Luciano Fabro. Elle est complétée
par quelques sculptures d’Afrique, d’Alaska et d’Océanie,
qui apportent un contrepoint intéressant au patrimoine culturel européen
et américain.
La collection s’est accrue au cours de plus de cinquante ans, parallèlement aux activités de la Galerie Beyeler. Hildy et Ernst Beyeler ont commencé précocement à mettre en réserve des œuvres qu’ils ne voulaient ou ne pouvaient pas vendre. La galerie bâloise a organisé ses premières expositions dans les années 1940, avec, notamment, des gravures sur bois japonaises, des dessins d’artistes impressionnistes ou post-impressionnistes et des gravures de Toulouse-Lautrec. Elle s’est imposée ainsi comme une adresse très courue des amateurs d’artistes qui comptent aujourd’hui parmi les grands noms de l’art moderne. La prospérité de la galerie a permis aux Beyeler de poser la première pierre de l’actuelle collection, avec, par exemple, l’acquisition d’Improvisation 10, une œuvre de Wassily Kandinsky de 1910, considérée comme l’une des pièces majeures de la collection. Les relations personnelles que les Beyeler ont su nouer avec les différents artistes ont également joué un rôle très important. Ce fut le cas, notamment, de Picasso, dont plusieurs œuvres essentielles sont rassemblées dans l’une des grandes salles de la Fondation Beyeler. Ses créations et une série d’œuvres de Klee ont contribué, dès le départ, à définir le profil de la collection. L’idée de créer une fondation a germé beaucoup plus tard, dans les années 1970, sans se concrétiser immédiatement. Au départ, le couple a surtout cherché à s’entourer de quelques œuvres qu’il aimait particulièrement, à les retirer du circuit commercial afin de vivre au milieu d’elles. Cette collection jusqu’alors inconnue a été présentée pour la première fois en 1989, à l’invitation du ministre espagnol de la culture, au Centro de Arte Reina Sofía à Madrid où elle a été très remarquée. Par la suite, Hildy et Ernst Beyeler n’ont eu de cesse de la compléter avec le plus grand soin. L’intérêt
majeur de cette collection particulière réside dans sa restriction,
et en même temps dans sa concentration sur une époque. Grâce
à la rigueur du choix et à la grande qualité des œuvres
présentées, elle dépasse la vision subjective d’un
collectionneur pour transmettre au visiteur un aperçu pénétrant
de la création artistique du XXe siècle. En plus de l’intérêt que présentent la collection elle-même, l’architecture du bâtiment et les expositions temporaires, la Fondation est très attachée à la médiation artistique. Sous le nom de « guide line », elle propose des visites guidées de groupes, des visites publiques et des études des œuvres. S’y ajoutent des manifestations qui, au-delà des catégories, cherchent à aiguiser le regard artistique. On peut évoquer ainsi la série de conférences « Prominente Kompetente » (« Éminents et compétents ») ou « Verdichtete Optik » (« Optique concentrée »), une collaboration avec des membres de la troupe du Théâtre de Bâle qui viennent lire des textes d’artistes ou concernant des artistes devant les œuvres en question. Ces manifestations sont très fréquentées et ajoutent une facette à tout ce qu’offre déjà la Fondation Beyeler. |